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Vraiment … pertinent ?

Auteur : Julie Busson | | Blog

L’un arrive, l’autre part ? Alors que ce mercredi 21 mars marque l’arrivée d’un petit nouveau en kiosque – l’hebdomadaire Vraiment – de son côté l’Ebdo, après seulement quatre mois d’existence voit son avenir en pointillé et pourrait bien déposer le bilan.

Une courte vie dans un monde de la presse papier toujours plus menacé et complexe. Dans ce contexte, Vraiment peut-il vraiment espérer creuser sa place auprès des lecteurs français aux côtés des hebdomadaires traditionnels en chute libre tels que l’Obs ou L’Express et des nouveaux formats tels que le 1 Hebdo ? Analyse.

Vraiment … indépendant ?

Lancé par le trio Julie Morel, Julien Mendez et Jules Lavie respectivement anciens conseillers ministériels d’Emmanuel Macron à Bercy puis de Michel Sapin pour les deux premiers et ancien journaliste de France Info pour le dernier, Vraiment veut se définir comme un magazine « vraiment sérieux, vraiment curieux » qui souhaite « vraiment informer » au sens d’une prise de recul et analyse sur des sujets à froid et sans prise de position politique.

Mais Vraiment peut-il faire abstraction des enjeux politiques ? Outre les anciennes fonctions auprès de l’actuel Président de la République de deux des trois fondateurs, le financement de l’hebdomadaire pose encore la question de l’indépendance.

Vraiment vise les 40 000 exemplaires par semaine d’ici 12 à 18 mois. Si le magazine espère tirer l’essentiel des revenus de ses ventes, il se fixe également 20 % du chiffre d’affaires en publicité. D’autres magazines comme le 1 Hebdo ont fait le choix du 0 pub.

Par ailleurs, Vraiment a commencé avec une levée de fonds de 2 millions d’euros réalisée par des investisseurs particuliers. Néanmoins, cela n’est pas forcément gage d’indépendance. C’est en effet le désengagement d’un investisseur suite à la publication d’un dossier sur « l’affaire Hulot » – et donc des considérations politiques – qui a fragilisé l’Ebdo.

 Vraiment … collaboratif ?

Vraiment est basé sur la collaboration. D’une part, du fait d’une co-construction avec les lecteurs. Ainsi, les « abonnés fondateurs » ont reçu des numéros tests et pu faire leurs retours, amenant à une recomposition de la couverture et une refonte de la partie « culture et bien-être » comme l’indique Le Monde.

D’autre part, par la force d’un réseau en pleine élaboration. Ainsi, dans son avant-propos, Jules Lavie annonce la constitution d’un réseau d’universitaires et de spécialistes comme Federico Tarragoni, maître de conférences en sociologie à l’Université Paris-Diderot qui signe un article dans ce premier numéro.

Vraiment … instructif ?

Avec ses plus de 80 pages, Vraiment propose des thématiques de fond autour de sujets de politiques publiques, travail, économie, innovation, santé, école, tendances, environnement, discriminations ou encore solidarités.

Les rédacteurs l’affirment, le but n’est pas de commenter l’actualité chaude mais de prendre le temps d’une analyse à plus long terme pour une prise de recul sur les événements. A l’heure d’une consommation massive d’informations sur internet, souvent sans le temps de l’analyse, noyée dans des « fake news », cette volonté des fondateurs apparaît comme une bulle pour respirer et se cultiver.

Par ailleurs, la densité des articles incite à « vraiment lire » et prendre le temps de la réflexion.

Seule question, le lecteur se retrouve-t-il dans les sujets ? Si le traitement de sujets sur le long-court intéresse les plus curieux, le lecteur qui veut se tenir informé manque peut être de décryptages et d’analyses sur l’actualité à laquelle il est confronté à l’instant T.

L’avenir seul nous fixera sur le fait que l’hebdomadaire fera partie du paysage médiatique. Reste que Vraiment est une belle promesse et la confirmation pour les amateurs de presse tels que moi que malgré un contexte difficile, certains font encore le pari d’innover et de proposer de nouveaux formats et rien que pour ça, ça vaut vraiment le coup.

Le petit +

  • le Zinc Tank qui propose chaque semaine à un expert et un lecteur d’échanger sur le zinc d’un bar autour d’un sujet de société

Le petit –

  • Une maquette un peu trop linéaire

 

Julie Busson