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À Davos, une troisième voie incarnée par Carney

  • Auteur : DECADE FOR CHANGE
  • lundi 26 janvier 2026

Il est environ 16 h 30, mardi 20 janvier, lorsque Mark Carney, le chef du gouvernement canadien venu prendre la parole à Davos, s’installe devant son pupitre. Les mots sont cinglants : « Permettez-moi d’être direct : nous sommes en pleine rupture, pas en pleine transition. » Sans jamais citer les États-Unis, Mark Carney met en garde contre des puissances utilisant « les droits de douane comme levier, les infrastructures financières comme instruments de coercition et les chaînes d’approvisionnement comme des vulnérabilités à exploiter. »

Son message, salué par une standing ovation, se résume ainsi : l’ordre ancien – une fiction, mais une fiction utile – ne reviendra pas. Les puissances moyennes doivent à présent agir ensemble. Sinon, faute d’être à la table des Américains, elles seront « au menu ».

On a beaucoup parlé à Davos de leurs appétits, notamment envers le Groenland. Mais la Chine, de façon moins voyante, avance aussi ses pions. Une récente étude menée par l’université australienne Griffith montre que ses investissements dans les nouvelles routes de la soie ont atteint un montant record en 2025 : 213,5 milliards de dollars. Les accords, ne donnant pas un accès réciproque aux marchés pour les partenaires de la BRI, suscitent des inquiétudes sur la capacité des pays concernés à rembourser les dettes contractées auprès de Pékin.

Dans ce contexte, quelle troisième voie se dessine pour les puissances moyennes ? Le Premier ministre canadien a esquissé des perspectives : diversification commerciale, multiplication des accords de sécurité, rapprochement du Canada avec l’Union européenne, investissements massifs dans l’énergie et les minerais critiques. Mais tout reste encore à concrétiser.

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