Après deux crises pétrolières majeures en quatre ans, l’atome connaît un retour en grâce à l’échelle européenne. Mardi 10 mars 2026, la Seine musicale de Boulogne-Billancourt a accueilli la deuxième édition du sommet mondial sur le nucléaire civil. En recevant une quarantaine de délégations, la France a voulu se poser en fer de lance de la relance de cette filière.
Lors de son discours inaugural, Ursula von der Leyen a qualifié le désengagement passé de l’atome d’ « erreur stratégique ». Elle a annoncé un changement de cap et une politique en faveur des petits réacteurs modulaires(SMR), portée par une garantie de 200 millions d’euros visant à soutenir les investissements privés. L’objectif : rattraper le retard face aux géants chinois et américains en standardisant ces mini-centrales pour un déploiement dès 2030.
De son côté, Emmanuel Macron a affirmé que le nucléaire était la clé pour réconcilier souveraineté énergétique, décarbonation et compétitivité économique. Il a annoncé 180 millions d’euros de nouveaux financements pour les projets français Calogena et Jimmy, visant à décarboner le chauffage urbain et l’industrie lourde d’ici le début de la prochaine décennie. Et a appelé les banques et les fonds à « faire un effort pour les projets les plus risqués ».
Le défi financier demeure colossal. D’ici à 2050, la Commission estime que les pays européens devront mobiliser quelque 241 milliards d’euros, tant pour prolonger la durée de vie des réacteurs existants que pour bâtir de nouveaux réacteurs à grande échelle.