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Avec la taxe carbone aux frontières, l’Europe tente d’instaurer un nouvel ordre commercial climatique

  • Auteur : DECADE FOR CHANGE
  • lundi 12 janvier 2026

Il a vocation à protéger la compétitivité des industriels européens. Après deux années de test, le mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (MACF) de l’Union est entré en vigueur le 1er janvier 2026. Une série de produits importés (acier, ciment, aluminium, hydrogène, électricité) se voient désormais soumis à une tarification du carbone équivalente à celle déjà appliquée aux fabricants européens de ces mêmes produits.

D’un montant compris entre 70 et 80 euros par tonne de CO2, la taxe vise à dissuader les délocalisations vers des pays aux réglementations climatiques moins strictes. Un secteur a bénéficié d’un régime de faveur : la production d’engrais. La colère agricole qui frappe l’Europe sur fond de rejet de l’accord avec le Mercosur a, en effet, contraint Bruxelles à assouplir sa position sur celui-ci.

En dépit de cet aménagement, le MACF suscite de nombreuses critiques. Comment mesurer avec précision les émissions de CO2 des produits importés ? Il y a là un risque de fraude, estiment ses détracteurs. Le Brésil a pointé la lourdeur bureaucratique du système, et le coût prohibitif de la collecte de données. Par ailleurs, cette taxe carbone pourrait avoir un effet inflationniste si les chaînes de valeur n’évoluent pas et compte tenu de la baisse à venir des aides.

Ses défenseurs, eux, avancent qu’elle n’a pas été conçue comme une taxe de rendement, mais comme une incitation, pour les pays exportateurs, à décarboner leur production. C’est ainsi un nouvel ordre commercial climatique que l’UE tente de créer, où polluer a un prix.

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