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Bruxelles et New Delhi concluent un accord commercial sans précédent (et sans agriculture)

  • Auteur : DECADE FOR CHANGE
  • lundi 2 février 2026

Après plus de vingt ans de négociations discontinues, l’Union européenne et l’Inde ont conclu, le 27 janvier, un vaste accord de libre-échange. Présenté comme historique, le rapprochement entre Bruxelles et New Delhi a été accéléré par le durcissement de la politique commerciale américaine.

En 2024, les deux parties ont échangé 120 milliards d’euros de marchandises et 60 milliards d’euros de services. Ces chiffres ont augmenté de 90 % en 10 ans, mais demeurent encore 7 à 8 fois inférieurs à ceux des échanges avec les États-Unis ou la Chine.

L’accord prévoit une réduction massive des droits de douane indiens sur la quasi-totalité des exportations européennes. Les baisses les plus marquantes concernent l’automobile, avec des taxes ramenées de 110 % à 10 % dans la limite de quotas, ainsi que les vins et spiritueux, dont les droits passeraient de 150 % à des niveaux compris entre 20 % et 40 %. Plusieurs secteurs industriels européens devraient aussi bénéficier d’un meilleur accès au marché indien.

Pour l’Union européenne, l’enjeu est d’offrir de nouveaux débouchés à ses entreprises et de sécuriser ses chaînes de valeur. Pour l’Inde, l’accord constitue un moyen d’attirer des investissements et des technologies. Sensible politiquement, l’agriculture a été largement exclue des discussions, un point clé qui explique le soutien de la France, dont les filières des vins, spiritueux et de l’automobile figurent parmi les principales bénéficiaires.

Au-delà du commerce, ce rapprochement revêt une dimension stratégique, incluant la coopération en matière de sécurité, de défense et de mobilité des talents. Si ses effets dépendront de sa mise en œuvre et de sa ratification, l’accord envoie déjà un signal clair : dans un monde fragmenté l’Europe et l’Inde cherchent à réduire leur dépendance vis-à-vis des États-Unis et de la Chine.

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