Près de 35 degrés sur le Central. Le dôme de chaleur qui fait transpirer la France n’épargne pas le tournoi de Roland-Garros. La fournaise modifie la nature même du jeu. Sous l’effet de la chaleur, la sous-couche de la terre battue se durcit, ce qui accélère le rebond de la balle.
Si les profils d’attaquants en profitent, d’autres joueurs subissent de plein fouet l’événement. Casper Ruud et Jakub Mensik se sont écroulés après leurs matchs. Novak Djokovic a appelé à en reporter certains. Les protocoles de protection prévoyant l’interruption des rencontres sont inopérants, car ils exigent une combinaison de chaleur et d’humidité qui n’est pas celle du printemps parisien.
Cette donne climatique imposera une vigilance redoublée lors de la Coupe du monde de football, qui débute le 11 juin. Organisé conjointement par les États-Unis, le Canada et le Mexique, le tournoi devra composer avec un risque de chaleur étouffante et d’incendies de forêt menaçant la qualité de l’air. De nombreux stades étant à ciel ouvert, un récent rapport estime qu’un quart des rencontres pourrait subir une température éprouvante pour les organismes. Inquiets des risques de malaises ou de crampes, un groupe de joueurs professionnels a adressé une pétition à la Fifa pour la mettre face à ses responsabilités.
Le défi est également logistique, car le changement climatique devrait augmenter la fréquence de la foudre. Aux États-Unis, la réglementation impose une suspension de 30 minutes dès qu’un éclair frappe dans un rayon de 15 kilomètres. L’an passé, lors du Mondial des clubs, ces conditions extrêmes ont engendré des retards en cascade, suscitant la colère de certains entraîneurs face à une situation qualifiée de « farce ».