Le plastique et la grande distribution ? Une histoire d’amour qui dure. Adoptée en 2020, la loi antigaspillage pour l’économie circulaire (AGEC) avait pourtant établi des objectifs ambitieux : réduction de moitié du nombre de bouteilles en plastique d’ici 2030 et abandon du plastique à usage unique d’ici à 2040. Mais une enquête menée par les associations Que choisir Ensemble et No Plastic In My Sea auprès de 1659 magasins, appartenant à 11 enseignes différentes, le révèle : le compte n’y est pas.
Le plastique y demeure omniprésent. Première cause, l’attachement des Français à l’eau en bouteilles, dont la consommation a augmenté de 3,3 % en 2025. Elles représentent 40 % du plastique à usage unique trouvé dans les commerces.
Autre grande tendance : celle des miniformats et des doses individuelles. Plus de 80 % des magasins proposent des bouteilles de jus de 25 centilitres, voire de 6 centilitres pour certaines gammes. Cela augmente mécaniquement la part de plastique utilisée par rapport au produit. Ce type d’emballage gagne désormais les produits d’entretien et de beauté. Les lessives en « pods » et les masques de beauté vendus en sachets se multiplient.
Il faut également mentionner les fruits et légumes, emballés dans 60 % des cas. Et cette part monte à 91 % pour les produits bio, dont la moitié sont vendus sous plastique.
Les associations demandent aux distributeurs de s’engager dans le développement du vrac et du réemploi. Là encore, il y a du travail. Alors que la loi AGEC fixe un objectif de 10 % d’emballages réemployés en 2027, l’enquête montre qu’il est de moins de 1 % aujourd’hui.