← Retour

Déchets : l’économie circulaire menacée d’asphyxie

  • Auteur : DECADE FOR CHANGE
  • lundi 15 juin 2026

Que deviennent nos vieux jeans troués ? Sur les 800 000 tonnes de déchets textiles produits en France chaque année, seuls 40 % sont revendus ou recyclés. Le reste est incinéré ou bien exporté en Afrique ou en Asie – une bonne partie y finit dans des décharges à ciel ouvert. Les filières françaises de collecte et de recyclage de déchets traversent une crise majeure. Celle du bâtiment ne se porte pas mieux. Les grandes enseignes de distribution (Point P, Leroy Merlin…) ne récupèrent que 9 % des matériaux se dégradant avec le temps (métaux, bois de construction, carreaux de plâtre…).

Mardi 9 juin, le réseau Amorce, qui regroupe plus d’un millier de collectivités engagées dans la transition écologique, a tiré la sonnette d’alarme. Selon Nicolas Garnier, son délégué général : « Nous vivons un moment d’effondrement de la politique environnementale en matière de gestion des déchets. » 

L’une des responsables ? L’ultra-fast-fashion, qui a fait exploser les volumestout en abaissant la qualité moyenne, rendant les vêtements difficiles à réemployer. La loi « anti-fast-fashion », en cours de discussion au Parlement, prévoit l’instauration d’un système de pénalités financières et de primes pour les marques, calculées en fonction du mode de production, de la qualité du textile ou encore des volumes.

Côté bâtiment, le ministère de la Transition écologique a entamé une « refondation » de la responsabilité élargie du producteur. Mais celle-ci prévoit de supprimer l’obligation faite aux grandes enseignes de distribution de reprendre les matériaux de construction pour orienter les artisans vers les déchèteries publiques, payantes. Problème : les dépôts sauvages risquent, par conséquent, de devenir le principal recours.

article