Le prix des hydrocarbures est devenu un boulet pour la compétitivité européenne. La clé du redressement ? Décarboner l’énergie et électrifier les usages. C’est le message porté par l’Iddri, un think tank indépendant qui analyse les grands défis du développement durable, dans son dernier rapport publié le 27 mai.
Pour l’institut, une industrie décarbonée et concurrentielle est possible, à condition de stabiliser la réglementation en vigueur, de préserver l’intégrité du marché carbone, de pérenniser les aides aux secteurs exposés et, surtout, d’offrir des prix de l’électricité stables à long terme grâce à des contrats de fourniture d’énergie renforcés. La maîtrise des tarifs est au cœur du succès de cette transition.
Ce constat est partagé par Emmanuel Macron qui a réuni, mardi 26 mai à l’Élysée, les 90 dirigeants de ce qu’il nomme « équipe de France de l’électrification ». Un mois après le plan gouvernemental présenté le 23 avril, il s’agit d’accélérer pour tenir l’objectif de la 3ème Programmation Pluriannuelle de l’Énergie : 38 % d’électricité dans la consommation finale d’énergie d’ici 2035.
Les industriels ont répondu présent. Stellantis a annoncé un milliard d’euros d’investissements à Mulhouse pour ses futurs véhicules électriques dès 2029. Côté infrastructures, Engie, Lidl, Leclerc et l’opérateur Electra se sont engagés à déployer 240 000 bornes de recharge supplémentaires d’ici 2030.
Le fournisseur d’électricité Octopus Energy s’est engagé à investir 150 millions d’euros dans une usine de pompes à chaleur en France. Enfin, EDF a annoncé la création de « super heures creuses », susceptibles d’abaisser de 9 % la facture par rapport au tarif réglementé. Mais la question des taxes et du tarif d’acheminement de l’électricité, qui compte pour les deux tiers de la facture des particuliers, n’a pas été abordée.