L’IA remplacera-t-elle les salariés ? À l’Ouest, les patrons des géants du secteur mettent de l’eau dans leur vin. Après avoir prophétisé le pire pour le marché du travail, Jensen Huang (Nvidia) et Sam Altman (Open AI) ont assuré que ses conséquences étaient surestimées, afin de rassurer les investisseurs à l’approche de leur entrée en bourse. À l’Est, la question est réglée… par les juges.
Deux tribunaux de Hangzhou et de Pékin ont récemment statué qu’une entreprise ne pouvait licencier au prétexte qu’une IA était capable d’effectuer le travail d’un collaborateur. Le droit du travail chinois n’autorise les licenciements que si l’exécution du contrat est rendue impossible par un changement extérieur à l’entreprise. Une technologie qu’elle choisit elle-même de déployer n’est donc pas un motif valable.
Ces décisions traduisent une préoccupation sociale et politique. Le chômage des jeunes urbains dépasse actuellement 15 % en Chine, dans un contexte économique fragilisé par la crise immobilière et le ralentissement de la consommation. La justice chinoise envoie ainsi le message que le coût de l’automatisation ne doit pas être supporté uniquement par les salariés.
Cela ne signifie pas, pour autant, que Pékin souhaite ralentir sur le sujet. Le pays vient d’entamer la modernisation de son réseau de surveillance, le plus vaste au monde, en y intégrant de l’IA avancée afin de donner aux forces de police des capacités d’analyse en temps réel, ainsi que la possibilité de prédire les incidents en détectant les comportements inhabituels.