L’Inde organisait cette semaine à New Delhi la troisième édition du sommet mondial de l’IA. Près de 250 000 personnes y ont assisté, dont une quinzaine de chefs d’État parmi lesquels Emmanuel Macron – qui en assurait la coprésidence avec le Premier ministre indien Narendra Modi – et une trentaine de PDG de grands acteurs du secteur.
S’y sont succédés les appels à trouver une « troisième voie » pour l’IA entre États-Unis et Chine, le secrétaire général de l’ONU António Guterres déclarant notamment que « l’IA doit appartenir à tout le monde ». Le Premier ministre indien Narendra Modi a ainsi indiqué que son pays entendait miser sur une IA « accessible et inclusive » pour doper son développement économique et améliorer ses services publics. Il a mis à disposition 7 000 bases de données publiques (sur la santé, l’économie…) afin de faire émerger « des modèles plus petits et plus spécialisés » dans tous les pays du Sud global. Emmanuel Macron a, quant à lui, essayé de positionner l’Europe comme un « espace sûr », « déterminé à définir les règles du jeu ».
Dans ce contexte, la position du gouvernement américain, principale superpuissance de l’IA, était très attendue. Et le son de cloche est tout autre : le chef de la délégation américaine a déclaré vendredi 21 février que les États-Unis rejetteraient « totalement » toute gouvernance mondiale de l’intelligence artificielle, estimant que « son développement ne peut pas conduire à un avenir meilleur si elle est soumise à la bureaucratie et un contrôle centralisé ».
Le sommet doit aboutir à une déclaration commune des dirigeants du monde entier, mais il est ainsi peu probable qu’il contienne des mesures destinées à réguler le secteur. Une éventuelle « troisième voie » viendra donc principalement d’accords bilatéraux entre acteurs volontaires. A titre d’exemple, Paris et New Delhi ont annoncé, avec l’Unesco, un défi pour mettre en place des IA économes en énergie, en partenariat avec Hugging Face ou Mistral AI. Plus largement, la coalition pour une IA durable créée à Paris est passée de 90 à plus de 200 membres.