À un an de la présidentielle, le sujet de l’adaptation à la multiplication des vagues de chaleur est devenu politique. C’est sur la climatisation que se cristallisent les débats, entre ses partisans réclamant une protection immédiate de la santé publique et ses opposants dénonçant l’effet d’îlot de chaleur urbain. Les foyers français, eux, se laissent séduire. Le taux d’équipement a bondi d’un tiers en deux ans, passant de 18 % en 2023 à 24 % en 2025, selon l’Ademe.
Les autres pistes d’action ne manquent pourtant pas. Dès 2022, l’Institut de l’économie pour le climat (I4CE) avait préconisé un paquet de 18 mesures prioritaires, chiffrées à 2,3 milliards d’euros de dépenses par an. Elles s’articulent en trois axes. D’abord, renforcer notre matière grise en finançant les postes d’experts capables de concevoir des plans locaux. Ensuite, pérenniser et revaloriser les politiques existantes contribuant déjà à l’adaptation (en augmentant les moyens de lutte contre les feux, par exemple). Enfin, consacrer des enveloppes à 11 chantiers où l’urgence est criante : bâtiments, infrastructures de transport, agriculture, forêts, littoraux…
Mais la ministre de la Transition écologique, Monique Barbut, l’a reconnu jeudi matin : la France fait face à un véritable « mur d’investissements ». Si les premières briques évoquées ci-dessus se chiffrent en milliards, la refonte globale et à long terme de nos infrastructures routières, énergétiques et urbaines exigera des montants plus importants qui devront être votés… au Parlement. Le débat politique ne fait que commencer.