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Et si l’on oubliait l’objectif de 1,5 degré de réchauffement ?

  • Auteur : DECADE FOR CHANGE
  • lundi 27 avril 2026

L’objectif cible le plus ambitieux de l’accord de Paris a fait son temps. Ces derniers mois, de nombreux scientifiques ont, dans le cadre de leurs recherches, estimé que contenir la hausse des températures à 1,5 °C devenait hautement improbable. Face à cette situation, trois chercheurs ont récemment publié dans la revue Nature un appel au réalisme. Ils proposent d’oublier cette limite, qui a « échoué à encourager une action climatique à la hauteur ».

Leur premier argument est mathématique. Pour maintenir le réchauffement sous 1,5 °C, il faudrait réduire les émissions mondiales de gaz à effet de serre de manière drastique (environ 43 % d’ici 2030). Or, ces émissions continuent de stagner, voire d’augmenter. Et même si nous arrêtions tout demain, l’inertie thermique des océans et la persistance du CO2 dans l’atmosphère garantiraient un dépassement temporaire.

Le deuxième argument est comportemental. Un objectif impossible à tenir risque de produire l’effet inverse à celui recherché. Cela pourrait être utilisé par certains gouvernements pour relâcher les efforts. Or, l’idée que tout devient inutile une fois la limite dépassée est dangereuse, car chaque dixième de degré compte.

Enfin, les auteurs de l’article estiment que l’obsession pour les 1,5 degrés occulte d’autres enjeux cruciaux : le travail d’adaptation et la mise en place d’objectifs concrets par géographie et par secteurs d’activité (plutôt que de raisonner en températures moyennes mondiales). Mais leur idée demeure contestée, notamment en raison de la pression juridique, politique et morale que ce chiffre emblématique continue d’exercer sur les États.

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