L’an dernier, 28,8 % des membres des comités exécutifs et autres instances dirigeantes du CAC40 étaient des femmes, soit quasiment le seuil que la loi Rixain prévoyait pour le 1er mars 2026. C’est surtout une progression de 9,5 points par rapport en 2021.
Ces chiffres encourageants, issus de la dernière étude publiée par l’observatoire Skema sont néanmoins contrebalancés par certaines limites qui demeurent dans l’accès aux plus hautes fonctions exécutives. Au sein du SBF 120, seules 23 femmes siègent à la tête de leur entreprise sur 240 postes. Au sein du CAC 40, elles n’occupaient que 7,5 % des 80 postes de directrices générales. Parmi les causes identifiées : le fait que moins d’une femme sur cinq occupe un poste « tremplin », comme la direction financière, permettant d’accéder au sommet.
Il s’agit en effet de la principale critique formulée contre ces réglementations : les entreprises contourneraient la règle, en ne faisant que « rajouter des chaises autour de la table ». Le baromètre IFA-Ethics & Boards publié en février montre ainsi que 70 % des femmes en COMEX sont cantonnées aux fonctions support (RH, RSE) quand les postes de pilotage de la rentabilité, tremplins vers la direction générale, restent masculins.
Pour autant, l’étude Skema de cette année semble annoncer un tournant. Désormais, des femmes remplacent des hommes à des postes clés. En effet, la diminution des effectifs des COMEX entre 2024 et 2025 (- 12 personnes) n’a concerné que des hommes. S’agit-il d’un mouvement de fond ou d’un simple effet statistique ? En tout état de cause, les organisations ont tout intérêt à accélérer. L’étude Skema montre en effet que la rentabilité opérationnelle des 10 entreprises dont le COMEX est le plus féminisé est deux fois supérieure à celle des 10 dont le COMEX est le moins féminisé.