Insouciante, la jeunesse ? Le cliché a vécu. Une enquête publiée mardi 17 février par le Cercle des économistes et Elabe dépeint le tableau de 15-29 ans confrontés à une accumulation de crises économiques, sociales et personnelles. Avec des conséquences en cascade.
La première est financière. Particulièrement touchés par le chômage, trois jeunes sur quatre surveillent leur budget en permanence. Près d’un sur deux redoute d’avoir du mal à boucler ses fins de mois et près d’un tiers avoue ne pas pouvoir subvenir à ses besoins avec son revenu actuel.
Les chiffres du surendettement publiés le même jour par la Banque de France viennent appuyer ce constat. Quelque 17 000 jeunes âgés de moins de 30 ans ont déposé un dossier de surendettement en 2025 contre 12 500 en 2024. Soit une hausse de 36 % en un an. Il s’agit le plus souvent de femmes, davantage au chômage, de jeunes hébergés chez leurs parents et, en grande partie, d’employés ou d’ouvriers. L’institution pointe, notamment, le recours de plus en plus fréquent aux mini-crédits, aussi addictifs que dangereux.
La deuxième conséquence est pour la santé mentale de ces jeunes. Entre isolement et addictions, près d’un tiers d’entre eux jugent la leur régulièrement défaillante.
Sans qu’il soit possible d’établir un lien direct avec ces chiffres, une autre enquête, réalisée par l’Ifop, achève de souligner le manque de confiance des jeunes en l’avenir. Seuls 57 % des 15-17 ans déclarent vouloir avoir des enfants, un chiffre nettement inférieur à celui observé il y a 40 ans, où 77 % de cette classe d’âge exprimait cette envie.