Le terme est un brin technique, mais il recouvre une réalité simple à comprendre. Les « services écosystémiques » sont indispensables au bon fonctionnement de l’économie mondiale. En clair, toutes les entreprises sont, de près ou de loin, dépendantes de la nature. Problème, elles l’endommagent aussi. Dans un rapport publié cette semaine, la Plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES, le « GIEC de la biodiversité ») détaille les conséquences de leur activité sur la biodiversité et propose des solutions.
Durant trois ans, l’IPBES a mobilisé 79 scientifiques. Ils ont relevé le déséquilibre entre les flux financiers aux conséquences négatives (7 300 milliards de dollars en 2023) et ceux orientés vers la conservation et la restauration de la biodiversité (220 milliards de dollars la même année). Les secteurs de l’agriculture, de la pêche, de l’énergie, des mines et des carrières, de la construction, du transport comptent parmi ceux ayant les impacts directs les plus élevés.
Les entreprises en sont rarement conscientes. Moins de 1 % d’entre elles publient des rapports détaillants les retombées de leur activité pour la nature. C’est pourquoi l’IPBES propose de leur fournir des outils méthodologiques. Les scientifiques ont également listé plus de 100 mesures concrètes : créations d’incitations financières, promotion de la transparence tout au long des chaînes de valeurs, collaborations avec les communautés locales… Avec un credo : « Ce qui est bon pour la nature est aussi ce qui est le plus rentable. »