Sommeil dégradé, anxiété et faible estime de soi… Dans une étude publiée le 13 janvier, l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) a pointé les risques auxquels s’exposent les jeunes lorsqu’ils utilisent les réseaux sociaux. Elle montre combien leur utilisation affecte la santé mentale des jeunes âgés de 11 à 17 ans. Mais aussi que filles et garçons ne sont pas égaux face à ces risques.
La moitié de cette classe d’âge y passe entre deux et cinq heures par jour. Le modèle économique des réseaux, fondé sur la maximisation du temps passé en ligne et l’enfermement dans des « bulles de contenu » renforce l’exposition aux stéréotypes et incite à « scroller » au détriment des heures de sommeil, ce qui favorise les symptômes dépressifs. Selon l’Anses, les jeunes filles s’avèrent particulièrement vulnérables, car elles sont davantage exposées à des images « pouvant engendrer une dévalorisation de soi », fondées sur la comparaison des standards de beauté notamment.
Pour répondre à cette menace, une proposition de loi va être débattue lundi 26 janvier à l’Assemblée nationale, visant à interdire l’accès aux réseaux sociaux aux jeunes de moins de 15 ans. Le Conseil d’État en a cependant réduit la portée, en estimant contraire au droit européen le fait d’obliger les plateformes à vérifier l’âge des visiteurs. La députée Laure Miller, rapporteure du texte, estime que cela n’affaiblit pas le texte, car il rendrait de fait tout compte d’un moins de 15 ans illégal, avec un devoir de le supprimer. Le Conseil d’Etat s’interroge, par ailleurs, sur la définition large des plateformes et réseaux sociaux donnée par la proposition de loi.
Les plateformes, elles, tentent de rassurer. YouTube, Instagram ou TikTok ont présenté ces derniers jours divers outils de contrôle parental (appels à débrancher, mode « sommeil »…) dans l’espoir d’éviter l’interdiction totale de l’accès des plus jeunes à leurs plateformes, souhaitée par plusieurs pays.