Le dernier baromètre du sexisme en France vient de paraître. Pour la première fois, le Haut conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes opère la distinction entre deux qualités différentes de cette discrimination. La première est le sexisme dit « paternaliste ». Il valorise les rôles traditionnels de chaque sexe dans la société. Près de 80 % des Français estiment encore, par exemple, qu’il revient aux hommes d’assumer la responsabilité financière de la famille.
La seconde, encore plus préoccupante, est celle du sexisme « hostile », partagé par 17 % de la population. Le masculinisme défend ainsi la suprématie masculine et accuse les femmes d’être à l’origine d’une dégradation de la condition de vie des hommes. Il dévalorise les femmes, va jusqu’à nourrir une haine et à justifier les violences à leur égard. Le risque identifié par le HCE est celui du passage à l’acte.
Le rapport souligne que les réseaux sociaux cristallisent et amplifient ces discriminations et ces violences. Il identifie le cybersexisme comme la première forme de discours de haine en ligne. C’est pourquoi il appelle à leur régulation et recommande d’augmenter les moyens de Pharos (la plateforme de signalement de contenus illégaux sur Internet) et de l’Arcom (le régulateur de l’audiovisuel).