Boum. Lundi 23 février, le cours des actions IBM a dévissé de 13,15 %. Car Anthropic, créateur du chatbot Claude et grand rival d’OpenAI, a annoncé disposer d’un moyen de moderniser les programmes écrits en Cobol. Or, ce langage est très utilisé par les banques, jusqu’ici chasse gardée de « l’ancêtre » IBM.
Les regards du monde économique n’ont plus quitté de la semaine Dario Amodei, fondateur et patron d’Anthropic. Le même jour, il a accusé ses concurrents chinois de siphonner ses données pour entraîner leurs propres modèles et pointé les risques pour la sécurité des États-Unis. Selon lui, des laboratoires étrangers pourraient aider « des gouvernements autoritaires à déployer des IA de pointe » afin de mener des campagnes militaires ou encore de désinformation.
Anthropic s’est justement fait connaître pour son engagement pour une IA « responsable ». Ce positionnement lui a valu d’être une troisième fois au centre de l’attention. Car le Pentagone, dont il est un des fournisseurs, l’a sommé d’accepter « tout usage légal » de ses modèles dans le domaine militaire. L’entreprise a toujours refusé deux applications : la surveillance domestique de masse et l’automatisation totale des tirs.
« En toute conscience, nous ne pouvons pas accéder à leur demande » a tranché Dario Amodei en fin de semaine. Anthropic s’était engagé à réaliser quelque 200 millions de dollars de travaux pour l’armée américaine et avait signé plusieurs contrats avec d’autres agences gouvernementales. L’entreprise pourrait désormais être classée « fournisseur à risque » et perdre ces marchés.