Ouvert vendredi, le salon automobile de Pékin sera, durant dix jours, le centre de gravité de l’industrie. La Chine est désormais le premier débouché mondial des constructeurs et le laboratoire d’innovation le plus avancé.
Le plus grand fabricant mondial de batteries pour véhicules électriques, CATL, a multiplié ces derniers temps les annonces spectaculaires. Il a présenté une batterie lithium-fer-phosphate passant de 10 % à 98 % de charge en seulement six minutes et demie. Et la nouvelle version de sa batterie Qilin offre 1 500 km d’autonomie sur une seule charge.
Des groupes comme BYD, Xiaomi ou Xpeng imposent un nouveau standard, fondé sur l’intégration de l’intelligence artificielle, des systèmes autonomes et d’écosystèmes logiciels avancés. Mais si les constructeurs historiques semblent avoir (provisoirement ?) perdu l’avantage technologique, les nouveaux venus ne sont pas non plus dans une situation idéale. Sur leur marché intérieur, la guerre des prix épuise les marges. Si BYD a vendu 2,26 millions de véhicules électriques l’an dernier, son bénéfice net a reculé de 19 %. Et de nombreux acteurs chinois sont maintenus sous perfusion par des soutiens publics.
L’international est donc devenu pour eux un levier stratégique de croissance. En 2025, la Chine a exporté plus de 2,6 millions de véhicules électrifiés. Ses marques contrôlent déjà environ 20 % du marché latino-américain et accélèrent en Europe et au Moyen-Orient. BYD construit une usine en Hongrie, Leapmotor s’implante en Espagne, et Chery étudie une production locale. La vague ne fait que s’annoncer.