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Le droit d’auteur résistera-t-il à l’intelligence artificielle ?

  • Auteur : DECADE FOR CHANGE
  • lundi 8 juin 2026

« La mainmise [des géants de l’IA] sur l’espace public est rendue possible par le péché originel qui anime leurs produits : un vol éhonté de propriété intellectuelle ». Devant les participants au Congrès mondial des médias, organisé le 1er juin dernier à Marseille, Arthur Gregg Sulzberger, le président du New York Times, n’a pas mâché ses mots. « Face à l’IA, nous devons faire plus. Notre profession s’est montrée trop silencieuse, trop passive et trop fragmentée face aux abus commis par [ces] entreprises. » 

En vingt ans, les États-Unis ont perdu 75 % de leurs journalistes et plus de 3 000 journaux a expliqué Sulzberger, qui craint l’avènement d’un monde sans journalistes ni informations vérifiées et le déclin de la « santé sociale et civique » de nos démocraties. Il a appelé le secteur à exiger une rémunération reflétant la valeur réelle de ses données.

Sa plaidoirie a trouvé un écho dès le lendemain à l’Assemblée nationale. La commission des affaires culturelles a adopté une proposition de loi renversant la charge de la preuve en matière d’utilisation de contenus protégés par le droit d’auteur. Si la loi passe, un éditeur sera présumé avoir entraîné ses modèles avec des contenus protégés, ce qui le contraindra à passer des accords financiers avec les sociétés d’auteurs.

Mais ce texte suscite une campagne de lobbying massive, menée notamment par Mistral AI. Le champion tricolore agite le spectre de la perte de compétitivité face aux Américains et propose des alternatives, comme la création d’un fonds de compensation à l’échelle européenne. Le bras de fer ne fait que commencer.

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