Elle est arrivée sur YouTube à l’âge de six ans, sur Instagram à 11, SnapChat à 13 et TikTok à 14. Mais aujourd’hui, la jeune californienne connue par ses initiales K.G.M. estime que les réseaux sociaux sont à l’origine de son état dépressif, de son anxiété et de ses troubles de la perception du corps. Avec sa famille, elle demande à la justice civile de reconnaître la responsabilité de Meta, la maison mère d’Instagram, et d’Alphabet, celle de YouTube (TikTok et SnapChat ayant préféré conclure un accord à l’amiable).
Le procès s’est ouvert mardi 27 janvier avec la sélection du jury. S’il est aussi important, c’est que, partout dans le pays, près de 1 600 plaignants se sont associés au cas de K.G.M. en attendant que les juges se penchent sur leurs propres dossiers. Le verdict représentera donc un précédent juridique – qui ne sera toutefois pas contraignant.
La constitution américaine sacralise la liberté d’expression. Les champions des réseaux sociaux sont également protégés par la section 230 du Communications Decency Act, qui écarte leur responsabilité dans les contenus qu’ils publient. C’est pourquoi les avocats vont s’inspirer du procès mené contre l’industrie du tabac dans les années 90 et tenter de prouver que leurs dirigeants connaissaient la dangerosité de leurs algorithmes, mais ont privilégié la croissance de leurs entreprises.
Le débat scientifique s’annonce complexe car les dangers des réseaux sociaux sont plus difficiles à prouver que ceux du tabac. Une issue défavorable pourrait coûter des dizaines de milliards de dollars aux plateformes.