Jusqu’en 2025, la France avait enregistré une trentaine de cas de chikungunya en dix ans. L’année dernière, on en a dénombré plus de 800. Le réchauffement climatique laisse présager la propagation imminente vers le Nord de cette maladie apparue en Tanzanie en 1952, selon une équipe de scientifiques britanniques.
Leur étude, récemment publiée par la Royal Society, montre que les infections sont désormais possibles pendant plus de six mois de l’année en Espagne, en Grèce et dans d’autres pays d’Europe du Sud, et pendant deux mois de l’année dans le sud-est de l’Angleterre.
Cette analyse est la première à évaluer pleinement l’effet de la température sur la période d’incubation du virus chez le moustique tigre asiatique, qui a envahi l’Europe. La température minimale à laquelle les infections peuvent se produire s’avère inférieure de 2,5 °C aux estimations précédentes, moins fiables.
L’Europe conserve la possibilité d’enrayer la prolifération de ces moustiques, estiment les scientifiques. Il faut, pour cela, mieux sensibiliser les populations à l’élimination des eaux stagnantes et inciter au port de vêtements longs et clairs ainsi qu’à l’utilisation de répulsifs. Les autorités sanitaires vont également devoir améliorer leurs systèmes de surveillance.