Au cinéma, on appellerait cela un retournement, ou plutôt un « plot twist » puisque l’étude concernée est américaine. Selon la Réserve fédérale de New York, ce n’est pas l’IA qu’il faut désigner comme coupable de la hausse du chômage des jeunes diplômés américains, mais le télétravail.
Avec une flambée à 5,8 % en 2025 pour les moins de 27 ans, soit le niveau le plus haut depuis 2012 (hors pandémie), les Américains fraîchement arrivés sur le marché du travail ont de plus en plus de difficultés à être recrutés. Le taux de chômage a même augmenté de 20 % chez les moins de 29 ans par rapport à la période pré-Covid. En France aussi, les jeunes actifs sont les plus touchés par le chômage.
Pour les auteurs de l’étude, « le télétravail rend plus difficile, pour les managers, d’encadrer et de faire monter en compétences les nouveaux salariés. Donc les entreprises ont tendance à ne pas choisir les candidats les moins expérimentés. »
Deux éléments appuient leur raisonnement. D’une part, la hausse du taux de chômage des juniors se concentre sur les emplois télétravaillables. D’autre part, ils relèvent que cette tendance a débuté avant la naissance de ChatGPT.
Les juniors seraient-ils prêts, en conséquence, à renoncer, au moins quelques temps, au télétravail ? Une autre étude menée par l’EDHEC NewGen Talent Centre montre qu’un sur deux refuserait aujourd’hui un emploi sans possibilité de « home office ». Une exigence difficile à tenir dans un rapport de force devenu défavorable.