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Les think tanks eurosceptiques montent en puissance à Bruxelles

  • Auteur : DECADE FOR CHANGE
  • lundi 4 mai 2026

Le Haut-Commissariat à la Stratégie et au Plan a publié, courant avril, une cartographie inattendue : celle des think tanks traitant, à Bruxelles, de politiques publiques européennes. La France ne s’était jusqu’ici jamais vraiment intéressée à ces structures qui évoluent entre recherche universitaire et plaidoyer politique. Elles jouent pourtant un rôle clé dans la circulation des idées au sein de l’UE.

Le Haut-Commissariat a d’abord identifié les principaux acteurs de ce paysage. Puis, en se fondant sur quatre critères (budget, effectifs, nombre de publications et fréquence des contacts avec les Commission européenne), il a proposé un aperçu des plus influents, de leurs activités et de leurs sources de financement.

Trois think tanks historiques – l’institut allemand Bruegel, CEPS et EPC – figurent en tête du classement. Mais les deux derniers ont un budget annuel inférieur au MCC Brussels, financé par l’ex-Premier ministre hongrois Viktor Orban. Les organismes eurosceptiques montent en effet en puissance, soutenus notamment par les États-Unis et la Chine.

L’autre grande tendance est celle des think tanks financés par de grands acteurs de la tech, cherchant à peser sur les décisions relatives à la réglementation du numérique. Google est le principal bailleur privé, avec des contributions totales annuelles tournant autour du million d’euros. Un financement équivalent à celui venant de tous les acteurs français publics et privés combinés.

La France paraît presque exclue du tableau. Si elle investit dans les vingt think tanks les plus visibles, elle s’implique moins que d’autres États membres. Le Haut-Commissariat appelle ainsi à repenser la stratégie hexagonale, pour ne pas perdre la bataille de l’influence à Bruxelles.

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