Il n’en fait pas mystère, le président américain compte profiter de la capture de Nicolas Maduro pour extraire le pétrole vénézuélien, dont les réserves sont les plus vastes de la planète. Mais cette ambition pourrait se heurter au principe de réalité. Un indice : cette semaine, les marchés pétroliers sont restés de marbre.
Et pour cause. Le Venezuela, qui produisait près de 3 millions de barils par jour en 2014, n’en vend plus aujourd’hui qu’à peine 900 000, soit 1 % de l’offre mondiale. Ses infrastructures (plateformes, raffineries…) sont largement dégradées, abandonnées ou pillées, le résultat d’années de sous-investissement et de corruption.
Par ailleurs, les bruts de l’Orénoque sont, pour l’essentiel, « extra-lourds », acides, chargés en soufre et en métaux. Les extraire nécessite des procédés complexes et énergivores. Les investissements requis se révèlent, par conséquent, colossaux. Selon Natixis, 60 à 70 milliards de dollars seraient nécessaires pour revenir à deux millions de barils par jour. Et il faudrait de trois à cinq ans minimum pour qu’ils commencent à porter leurs fruits.
Or, les prix du pétrole sont bas depuis des années, mettant déjà la rentabilité de nombreuses compagnies à la peine. De plus, les procédés requis pour un tel brut engendrent de fortes émissions de CO2 et de méthane. Les gouvernements qui continuent de viser les objectifs de l’accord de Paris pourraient donc préférer importer des barils moins polluants. Ce qui explique sans doute pourquoi les majors se sont, jusqu’à présent, abstenues de tout commentaire.