Le procès de l’année s’est ouvert cette semaine à Oakland (Californie). Voire le procès du siècle ? Elon Musk, le patron de X et Tesla, accuse Sam Altman d’avoir trahi la vocation non-lucrative d’OpenAI, qu’ils ont créé ensemble en 2015. Brouillé avec son cofondateur, Musk a quitté le navire en 2018. Ce dernier reproche à Altman d’avoir exploité « son argent, son prestige et ses contacts » pour transformer une technologie de pointe en « machine à profits opaque ». Au-delà de la querelle financière, il s’agit d’une bataille pour le contrôle et la régulation de l’IA.
Car, dans ce domaine, Musk a pris un retard qu’il entend bien rattraper. OpenAI estime ainsi que l’affaire n’est qu’une manœuvre anticoncurrentielle favorable à xAI (l’IA de Musk) et a déposé des contre-plaintes. « [Ce procès] a toujours été motivé par l’ego, la jalousie et le désir de ralentir un concurrent », a martelé OpenAI. L’entreprise dénonce notamment la création discrète par Musk en mars 2023 de xAI, quelques jours avant qu’il ne propose un moratoire de six mois sur le développement de l’IA, qui aurait ralenti ses concurrents.
Elon Musk et OpenAI auront chacun vingt-deux heures en tout pour présenter leurs arguments, afin d’éviter un procès à rallonge. La procédure sera ensuite coupée en deux : un verdict consultatif d’un jury sur la culpabilité (ou non) d’OpenAI, puis la question des dommages et intérêts. La décision finale sera du seul ressort de la juge Yvonne Gonzalez Rogers. Le show ne fait que commencer.