Comme l’an dernier, nous avons identifié une dizaine de projets qui nous ont enthousiasmé par leur énergie, la créativité de leurs modèles et leur capacité à créer un impact durable sur le monde. Voici donc nos coups de cœur de ChangeNOW 2026 !
1000 Cafés recrée du lien dans les villages de France
Ni épicerie, ni café, ni boulangerie. En France, 62 % des communes, notamment rurales ne disposent plus d’aucun commerce, selon l’Insee. Une inégalité territoriale à laquelle s’attaque l’association 1000 Cafés. Soutenue par le Groupe SOS, elle accompagne les villages de moins de 3 500 habitants dans la création de cafés multiservices. Ces lieux, conçus pour favoriser la convivialité et le lien intergénérationnel, assurent aussi les rôles de dépôt de pain, maison de la presse, épicerie, relais colis… En six ans, 1000 Cafés a déjà agi au service de 350 communes dans 72 départements.
« On essaye de remettre un petit peu de vie dans ce que les manuels de géographie appellent parfois la diagonale du vide. » – Zoé Schelcher, responsable des partenariats et du développement de 1000 Cafés.
Baeru enracine la lutte contre les déchets océaniques
Baeru, qui signifie « racines » en kannada, transforme la façon dont les communautés locales du Karnataka, au Sud de l’Inde, luttent contre les déchets océaniques. Le modèle de cette initiative citoyenne : permettre aux femmes de mener la transition bleue. Aujourd’hui, celles-ci gèrent des stations de tri, dirigent des nettoyages de ports et organisent des campagnes de sensibilisation au climat.
À ce jour, Baeru a récupéré plus de 35 000 tonnes de déchets plastiques, formé plus de 2 000 femmes et aidé plus de 6 000 foyers à adopter des pratiques durables.
« L’Océan n’est pas un trou noir et ce qu’on y jette ne disparaît pas. On en subit les conséquences bien plus tard. » – Divya Hegde, fondatrice de Baeru.
Blade-Made donne une seconde vie aux éoliennes
Vingt-cinq ans, telle est la durée de vie moyenne d’une éolienne. Mais Blade-made leur offre une deuxième existence, tout aussi longue. Leurs pales peuvent en effet être transformées en barrières anti-bruit, en bancs ou même en aires de jeux pour enfants. Les nacelles, elles, peuvent devenir des mini-maisons.
L’impact de ce recyclage est double : il réduit le volume de déchets de fibre de verre et limite les besoins en matériaux vierges comme l’acier ou le béton.
Crée en 2023 aux Pays-Bas et déjà présente en Espagne, au Canada et en Belgique, Blade-Made ambitionne d’être présente partout où le sont les éoliennes, aux côtés des constructeurs, afin de penser leur réutilisation à l’échelle locale.
« Selon nous, il faut toujours privilégier, et dans cet ordre : la réutilisation, la réaffectation, puis le recyclage. » – Antonia Wormer, co-fondatrice de Blade-Made et Thijs von Barnau Sythoff, responsable de projet chez Blade-Made.
Extrajool transforme la chaleur en électricité verte
Convertir l’air chaud rejeté par les usines en électricité décarbonée. La technologie est née en 2023 des recherches de l’Université d’Orléans. Extrajool l’applique en fabricant des modules qui s’intègrent aux processus industriels de ses clients, améliorant ainsi leur efficacité énergétique. Ceux-ci peuvent produire de 20 à 100 kW électriques, avec une montée en puissance possible jusqu’à 500 kWe par installation (équivalente à celle d’un gros groupe électrogène).
« Extrajool réduit les dépenses énergétiques et l’empreinte carbone des acteurs de l’industrie sans rien changer à leurs processus. » – Euryale Chatelard, CGO d’Extrajool.
Gaïago agit pour la revitalisation des sols agricoles
Près des deux tiers des sols agricoles sont dégradés en Europe. Lancée en 2014 par Samuel Marquet et Francis Bucaille, Gaïago accompagne les agriculteurs dans leur transition vers une agriculture régénératrice. Elle propose notamment un « programme carbone » qui les rémunère à la hauteur du service environnemental rendu, en s’appuyant sur la mesure concrète de la performance des sols et de leur capacité à stocker du carbone.
D’abord « regardée comme un ovni », Gaïago a déjà contribué à la revitalisation de 100 000 hectares et vise le million d’ici 2030.
« La vision de Gaïago, c’est que l’homme est vivant tant que la terre est vivante » – Samuel Marquet, cofondateur et directeur général de Gaïago.
Hourrail rend le voyage en train (encore) plus séduisant
On peut avoir été YouTubeur spécialiste des voyages et choisir la voie de la durabilité. C’est le parcours suivi par Benjamin Martinie, le créateur de Hourrail. À l’origine média digital consacré au voyage et au secteur du transport (présent sur Instagram, YouTube, podcast), Hourrail prend aussi aujourd’hui la forme d’une application. Sa vocation ? Aider ses abonnés à planifier leurs itinéraires en train partout en Europe et leur faire bénéficier de conseils, infos pratiques et réductions avantageuses auprès d’entreprises partenaires (HomeExchange, Eurostar, etc.).
Avec 600 000 membres dans sa communauté, Hourrail prouve ainsi qu’aventure et sobriété carbone peuvent faire bon ménage.
« Hourrail aide les voyageurs sensibles à la question du climat à réaliser des économies concrètes de CO2 » – Camille Barneaud, CTO de Railee.
Losanje aide l’industrie textile à faire du neuf avec du vieux
Nostalgiques du patchwork, foncez découvrir Losanje ! Créée en 2020, l’entreprise industrialise l’upcycling. À partir de morceaux issus de vêtements de seconde main, invendus ou défectueux, elle conçoit de nouvelles pièces grâce à la première technologie mondiale de découpe de vêtements automatisée. Les économies réalisées sur la matière première compensent une production plus technique. Le prix de revient se révèle comparable à celui d’une fabrication classique. De Sézane à Faguo, Losanje prouve ainsi qu’une mode circulaire et rentable est possible.
« Nous repensons la production textile afin de rendre la mode circulaire désirable, pour les entreprises, mais aussi pour leurs clients » – Simon Peyronnaud, cofondateur de Losanje.
POW mobilise tous ceux qui ont la montagne dans la peau
Fondée par un snowboardeur professionnel, POW (Protect Our Winters) est une ONG rassemblant la communauté des passionnés de sports de plein air engagés contre le changement climatique.
L’association entend peser sur les politiques publiques via des campagnes de sensibilisation sur ses réseaux sociaux. Elle propose aux sportifs des outils digitaux comme CO2e, qui les aide à mesurer leurs émissions de CO2. Elle cherche enfin à influencer les élus locaux.
À 5 ans des Jeux Olympiques d’hiver, POW a ainsi mené une enquête sur leur perception par les Français et lancé la première Convention Citoyenne Olympique.
« Le temps passé à arpenter nos espaces favoris nous met face aux réalités du changement climatique. Nous voulons que la motivation qui nous permet de vivre nos aventures soit mise au service du vivant, du climat et de la justice sociale.» – Antoine Pin, directeur de POW.
Tilkal rend les chaînes de valeur plus transparentes
Identifier les risques climatiques et géopolitiques à chaque étape de la chaîne de valeur, du petit fournisseur jusqu’au distributeur du produit fini. Une gageure, à laquelle s’attaque Tilkal depuis 2017 grâce à l’outil de collecte de données qu’elle a créé, une plateforme SaaS fondée sur la technologie blockchain.
Les entreprises peuvent ensuite choisir de mettre certaines données à la disposition des consommateurs, par exemple grâce à un QR code révélant l’origine de chacun des composants de ses produits.
« En aidant les industriels à effectuer des choix plus éclairés grâce à des données précises, nous voulons les rendre plus résilients. » – Clémence Faucon, Project Manager, Supply Chain Traceability de Tilkal.