Les géants de l’IA ne se contentent plus d’être de simples vendeurs de solutions technologiques. Coup sur coup, le 7 avril, OpenAI et Mistral ont publié chacun de leur côté des documents les amenant à sortir de leur rôle habituel pour aborder le terrain des politiques publiques.
Dans un livret de 13 pages, l’entreprise créatrice de ChatGPT recense les dangers de l’IA et propose un plan d’action. Son titre ? « Une politique industrielle à l’ère de l’intelligence : des idées pour donner la priorité à l’humain ». Son contenu ? Décoiffant.
Face aux bouleversements à venir du monde du travail, OpenAI propose de repenser le système fiscal en taxant davantage les gains en capital afin de compenser la baisse du nombre de travailleurs versant un impôt sur le revenu. Elle propose également d’expérimenter la semaine de 32 heures en quatre jours sans perte de salaire, ainsi que la création d’un « fonds de richesse publique » offrant à chaque citoyen une part de la croissance portée par l’IA.
De son côté, Mistral entend faire de l’Europe un continent « AI native » et appelle à transformer ses atouts en avantage compétitif à grande échelle. Elle propose 22 mesures qui forment un plan cohérent et dessinent une stratégie industrielle en abordant simultanément cinq sujets, de l’attraction des talents au renforcement des infrastructures, en passant par l’accès au capital, la création d’un marché domestique et la question de la régulation.
Les acteurs de l’IA, jusqu’ici partisans du « move fast and break things », ont-ils décidé d’entamer une réflexion sincère sur leur activité, ses conséquences et l’écosystème le plus adapté à son développement ? Ou bien cherchent-ils désormais à remplir le vide laissé par des États parfois dépassés par leurs innovations ?