Même pendant la guerre du Golfe, le détroit d’Ormuz n’avait jamais connu d’arrêt total des échanges maritimes. En temps normal, quelque 3 000 navires traversent ce point stratégique chaque mois, transportant environ 20 % de la consommation mondiale de pétrole. Sa fermeture est une difficulté majeure pour tous les pays producteurs d’hydrocarbures de la région, de l’Arabie saoudite à l’Irak, en passant par le Qatar (dépourvu d’alternatives pour son gaz naturel liquéfié), et… l’Iran, dont plus d’un tiers des recettes publiques dépendent des exportations de pétrole.
Du côté des pays importateurs, les plus exposés à ce choc se trouvent en Asie : Chine, Inde, Japon et Corée du Sud. Mais les répercussions économiques sont globales. Anticipant un conflit plus long qu’annoncé initialement, les marchés ont connu cette semaine une envolée des cours du brut.
Les marges de sécurité sont pourtant importantes. Les pays membres de l’Agence internationale de l’énergie — une trentaine de pays de l’OCDE, dont la France, le Japon ou les États-Unis — détiennent plus de 1,2 milliard de barils de stocks de pétrole d’urgence. En France, aucune pénurie n’est à craindre à court ou même moyen terme.
Si la guerre devait durer, le chef économiste de la Banque centrale européenne a cependant averti qu’elle pourrait entraîner une poussée inflationniste dans la zone euro, pesant sur la croissance. Selon d’autres estimations, cette inflation pourrait atteindre 2 % en France, mais pas 5 ou 6 % comme au début 2023 avec l’invasion russe en Ukraine.
Conscient de la dépendance de son pays, le président Xi Jinping avait affirmé en 2021 que « développer systématiquement les nouvelles énergies était essentiel pour assurer la sécurité énergétique nationale ». Ce nouvel épisode vient rappeler que la décarbonation, au-delà d’un sujet environnemental, est aussi le moyen de rendre l’économie plus robuste.