Alors, choc ou pas choc ? Mardi 24 mars, le ministre de l’Économie Roland Lescure se montrait catégorique devant la commission des finances de l’Assemblée nationale. « C’est un choc pétrolier », a-t-il déclaré. « L’hypothèse d’une crise passagère, dont les conséquences économiques s’effaceraient avec la fin des bombardements, n’est malheureusement désormais plus d’actualité ».
Rétropédalage en règle le lendemain après le Conseil des ministres : « [mes mots] s’appliquaient à la situation internationale et en aucun cas à la situation française », a-t-il expliqué. « La France est mieux préparée, moins exposée que ses voisins européens. ». Et pour achever de calmer le jeu, le ministre a promis des aides pour les gros rouleurs « dans les tout prochains jours », excluant cependant des rabais de TVA ou des plafonnements des prix à la pompe.
Que croire ? Tout va dépendre de la durée du conflit. Selon l’Agence Internationale de l’Énergie, l’économie mondiale fait face à une menace majeure et aucun pays ne sera immunisé contre les effets de cette crise si elle continue dans cette voie. En France, l’Insee a légèrement revu à la baisse ses prévisions de croissance pour les deux premiers trimestres 2026, à 0,2 % contre 0,3 %. Elle a aussi prédit un regain de l’inflation.
Dans un appel commun inédit, sept think tanks ont plaidé pour une accélération de l’électrification, alors que les énergies fossiles comptent encore pour 70 % de la consommation finale d’énergie en France. Le seul moyen, avancent-ils, de résister à la multiplication des crises et de renforcer notre souveraineté.