Reléguée à l’extérieur du Salon de l’Agriculture… Faute de budget, l’Agence Bio a dû abandonner son stand habituel et accueille cette année le public dans un bus. Une situation révélatrice des difficultés qu’elle traverse.
L’Agence Bio, qui accompagne près de 61 000 fermes (représentant 200 000 emplois) a pour rôles de soutenir la demande des consommateurs et de garantir la souveraineté alimentaire de la France en produits biologiques. En 2025, son ministère de tutelle a décidé de réduire son budget de 64 %. Conséquences : la suppression de 5 millions d’euros consacrés à sa communication et de près de 10 millions d’euros pour le Fonds Avenir Bio voué à structurer la filière. Sa directrice, Laure Verdeau, a été licenciée. Plusieurs sources proches du ministère évoquent même un prochain démantèlement.
Cette fragilisation survient au moment même où les Français reprennent goût au bio. Après deux ans de baisse liée à l’inflation, les ventes ont progressé de près de 7 % en 2025. Les magasins spécialisés comme Biocoop réalisent des chiffres record.
Mais la base productive s’effrite. La part des terres cultivées en bio a reculé pour tomber à environ 10 %, alors que la France vise le chiffre de 21 % d’ici 2030. Si la production nationale ne suit pas la demande, les importations pourraient augmenter. Pour éviter d’en arriver là, la filière réclame un soutien stable et le respect de la loi Egalim, qui impose 20 % de bio en cantine. Actuellement, nous n’en sommes qu’à 6 %.