« Nous ne pouvons pas dépendre du bon vouloir de certains partenaires capables […] de couper le robinet d’accès ». Par ces mots, le Premier ministre Sébastien Lecornu vient d’officialiser la fin de la collaboration entre la DGSI et le géant américain Palantir.
L’annonce, effectuée alors que le salon de la tech Vivatech et celui de la défense Eurosatory battent leur plein, marque un tournant pour la sécurité et la souveraineté numérique nationales. Depuis les attentats de novembre 2015, notre renseignement intérieur s’appuyait sur le logiciel Gotham de Palantir pour trier et analyser des masses de données considérables. Mais cette solution a toujours été qualifiée de « transitoire », le temps qu’émerge une alternative européenne crédible. Le récent blocage par Washington des meilleurs modèles d’Anthropic pour l’étranger a servi de déclencheur politique.
C’est la « scale-up » française ChapsVision, fraîchement entrée au Next40, qui va reprendre le flambeau. Fondée en 2019, cette entreprise de plus de 1 000 collaborateurs a grandi par acquisitions et a bâti la plateforme Argonos, un système d’exploitation de la donnée capable de déceler les signaux faibles. ChapsVision était en compétition avec les géants historiques Thales et Atos. Elle vient également de remporter un contrat avec le renseignement intérieur allemand.
Bien que l’annonce ait surpris par sa soudaineté, le changement sera progressif. Le contrat liant la DGSI à Palantir, renouvelé fin 2025, court jusqu’en 2028. L’Américain assurera la continuité du service et la formation des équipes, le temps d’assurer une migration technique parfaitement sécurisée.