Figurant parmi les premières villes classées au patrimoine mondial de l’Unesco, en 1979, Saint-Malo voit aujourd’hui ses résidents fuir en raison du nombre de logements dévolus à la location saisonnière. Dans le petit hameau médiéval de Vlkolínec, en Slovaquie, 100 000 visiteurs arpentent chaque année des rues autrefois bien paisibles… Avant que le site ne reçoive son inscription en 1993. Même cause (en 1997) et mêmes effets à Lijiang, en Chine, où les quartiers de la vieille ville se transforment en quasi-musée.
Alors que certains sites se battent pour l’intégrer, d’autres voudraient aujourd’hui être rayés de la liste du patrimoine mondial de l’Unesco. Ces demandes révèlent la difficulté de conjuguer la valorisation et la préservation de lieux remarquables avec la qualité de vie et les traditions des populations qui vivent à proximité. Pour un Angkor, au Cambodge, sauvé par des décennies de travaux de restauration et de conservation financés par l’Unesco, combien parmi les 1 248 destinations inscrites souffrent de surtourisme ?
Problème : à l’heure des réseaux sociaux, qui aggravent le phénomène, il n’existe pas de procédure de désinscription à l’Unesco. L’organisation rappelle qu’une labellisation apporte « un prestige supplémentaire qui aide souvent les citoyens et les gouvernements à prendre conscience de l’importance de la préservation [d’un lieu] ». Dans l’histoire, seuls trois ont quitté la liste, à chaque fois à cause de problèmes de conservation : le sanctuaire de l’oryx d’Arabie, à Oman, en 2007, la vallée de l’Elbe à Dresde, en Allemagne, en 2009, et le port commercial de Liverpool, en Angleterre, en 2021.