C’est entendu, l’électrification des usages est la clé de notre décarbonation et de notre souveraineté. Mais elle nécessite d’importantes quantités de métaux, notamment de terres rares, indispensables à la fabrication des aimants permanents que l’on trouve dans les moteurs de voitures électriques et les turbines de certaines éoliennes.
Problème : la Chine en détient le quasi-monopole. Elle possède 44 % des réserves mondiales, concentre 68 % de l’extraction et près de 90 % du raffinage. Cette situation a motivé l’élaboration d’un plan national consacré aux terres rares. Il a été dévoilé par Bercy mardi 5 mai à Lacq (Pyrénées-Atlantiques), un lieu symbolique, où se construit actuellement la première usine tricolore destinée au recyclage des aimants permanents usagés et au raffinage de terres rares lourdes.
Le gouvernement entend agir à la fois sur l’offre et la demande. Il va soutenir une dizaine de projets industriels en lien avec ces métaux critiques grâce au plan France 2030. « Chaque projet industriel en lien avec les terres rares et les aimants permanents sera soutenu, quel que soit le marché visé », promet Bercy.
Du côté de la demande, le plan prévoit de contraindre certaines filières industrielles à acquérir des terres rares françaises, voire européennes, dans certains marchés critiques et publics. Les aides au secteur automobile seront conditionnées à des plans de diversification de l’approvisionnement.
Enfin, pour sécuriser ses besoins, la France a signé des contrats de coopération bilatérale avec la Malaisie, le Brésil, et le Canada.